Comment sortir de la crise ?

En mai 2020, McKinsey annonçait que 18 mois après la fin de la distribution des aides 50% des entreprises vont faire faillite. Les entreprises en question sont des PME qui produisent à elles seules environ 70% des emplois. La CGPME a publié une enquête il y a moins de deux semaines et il en résulte que 55% des entrepreneurs craignent la faillite. Nous voyons ici que les deux jugements se recoupent à un an d’intervalle bien que ces deux entités n’aient aucun lien.

Aujourd’hui, le Président Macron et Mme Christine Lagarde disent qu’il faut arrêter les aides alors que nous avons 50% de l’économie française dans la balance. Peut-on supprimer les aides ?

Il faut comprendre que même les entreprises saines peuvent passer à la trappe car elles se retrouvent privées de leurs fournisseurs ou de leurs clients (ou des deux). Si la rentabilité des entreprises qui vont tenir le coup monte très fort, alors la perte des 50% sera très partiellement compensée. Il faut savoir qu’en 2020 les aides de l’état représentaient 66,8% du PIB.

Deux options s’offrent à nous :

  1. Poursuite de la soviétisation de l’économie, appauvrissement lent mais certain : la zone euro est une masse qui représente 450 millions d’habitants avec 10 000 milliards environ de PIB. La taille critique de l’euro peut lui permettre de survivre très longtemps à l’image de l’URSS. Le revenu universel tend vers la soviétisation de notre pays.

 

  1. Une crise ouverte, franche et terrible : dans un premier temps, nous sortons de l’euro, car les pays du Nord ne voudront pas couler avec nous. Il faudra réellement se remettre au travail, les retraites seront massacrées. C’est le moment de la purge des fausses valeurs et des faux prix. Une partie des fonctionnaires se retrouverait sans emploi à cause des problèmes budgétaires. Dans le secteur privé la perte d’emplois serait terrible. Pour caricaturer, les boulangers, les plombiers et les coiffeurs s’en sortiront avec les plus grands groupes du CAC40 qui sont eux, largement internationalisés. Pour les autres se sera très dur. Dans un second temps, si nous avons de la chance, nous vivrons ce que la Turquie vit depuis plusieurs années : avec un taux de change abominable, les usines réouvrent en France et nous redevenons compétitifs, en revanche, le pouvoir d’achat est massacré. C’est la dynamique inverse des dernières années, beaucoup de travail et un pouvoir d’achat médiocre. Fini les 35H et les RTT. Toute la difficulté consistera à remettre au travail tous les gens qui n’ont pas d’utilité dans une économie rudimentaire comme celle au sortir de la 2ème guerre mondiale. Pour être concret : moins de gens dans les bureaux et plus dans les usines. La bonne nouvelle c’est qu’il y aura du travail pour tous ceux qui veulent se lever tôt et accepter des métiers utiles aux autres. C’est la voie de la reconstruction. C’est ce que la Chine a fait après l’ère Mao, c’est ce que la Russie fait encore aujourd’hui après l’URSS. L’espoir revient aussi.

Je ne suis pas sûr qu’une voie intermédiaire existe, car nous avons brulé tous les feux rouges depuis vingt ans.

Concernant votre situation personnelle, posez-vous la question de la robustesse de votre situation en termes d’emploi, d’habitation et d’épargne. Concernant l’épargne, il est temps de vous en préoccuper, nous sommes dans l’œil du cyclone, c’est l’occasion de se préparer. Commencez dès aujourd’hui : épargnez, investissez dans l’immobilier locatif, dans la bourse, formez-vous.

 

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